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Le 15 avril 1953
Tu as écrit : "N'essayez, pas d'attirer par violence les
forces du Divin."
(Entretiens 1929, p. 16)
Est-ce que l'on peut attirer les forces divines par la
violence ?
Oui, si vous appelez avec beaucoup de force, si
— vous aspirez avec beaucoup de force, vous
pouvez attirer une grande quantité de forces en vous,
mais vous ne serez pas capables de les digérer, de les
assimiler. C'est la même chose que pour la nourriture : quand on avale tout ce qui est là en une gorgée,
cela cause une indigestion, cela vous étouffe. On ne
peut pas le supporter. Alors si quelqu'un veut aller
vite, s'il se dépêche, il fait une espèce d'appel et tire
à lui des forces trop considérables, des forces qui autrement seraient venues moins vite.
Il suffit d'une petite ambition cachée ... Il y a des
gens qui ne font pas le yoga pour le yoga, mais pour
obtenir un résultat, pour avoir des pouvoirs, pour
savoir telle ou telle chose.
Mais alors cela veut dire qu'ils ne sont pas sincères?
Alors comment se fait-il que le Divin réponde?
Tu crois que le Divin a un petit jugement humain !
Il ne faut pas mettre des idées humaines sur le Divin.
Si vous n'êtes pas sincères, ce qui arrive, c'est que
votre propre conscience se voile. Prenez, par exemple, quelqu'un qui ment ; sa
conscience se voile, et au bout de très peu de temps il ne peut plus distinguer
le mensonge de la vérité. Il voit des images et les appelle la vérité.
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Quelqu'un qui est méchant perd son aspiration, il perd sa capacité de réalisation, il perd toute
possibilité de comprendre, de sentir et de réaliser.
C'est cela, la punition.
On construit des voiles, des obstacles entre soi et
le Divin. C'est comme cela que l'on se punit soi-même. Le Divin ne se retire pas : on se rend incapable
de le recevoir. Le Divin ne distribue pas comme cela
des récompenses et des punitions, ce n'est pas du tout
comme cela.
Quand on est insincère, quand on a de la mauvaise
volonté, quand on est un traître, on se punit soi-même instantanément. Les gens insincères perdent
même le petit peu de conscience qui leur ferait savoir
qu'ils sont méchants; ils deviennent comme inconscients. Ils finissent par ne plus savoir du tout.
Qu'est-ce que tu appelles la "base d'égalité dans l'être
extérieur"?
(Ibid., p. 15)
C'est une bonne santé, un corps solide, bien équilibré, quand on n'a pas des nerfs de petite fille qui
sont secoués à la moindre chose, quand on dort bien,
mangé bien ... Quand on est bien tranquille, bien
équilibré, bien calme, on a une base solide et on peut
recevoir une quantité de forces.
Si quelqu'un d'entre vous a reçu des forces spirituelles, des forces du Divin,
l'Ânanda par exemple, il
sait par expérience qu'à moins qu'il ne soit en bonne Santé, il ne peut pas les contenir, les garder. Il
commence à pleurer, à crier, à s'agiter pour dépenser ce
qu'il a reçu. Il faut qu'il rie, qu'il parle, qu'il gesticule, autrement il ne peut pas les garder, il se sent
étouffé. Alors en riant, en pleurant, en s'agitant, il
rejette dehors ce qu'il a reçu.
Pour être bien équilibré, pour pouvoir absorber ce
que l'on reçoit, il faut être très tranquille, très calme.
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Il faut avoir une base solide, une bonne santé. Il faut
avoir une base très solide. C'est très important.
Quelle est la différence entre légalité extérieure et
l'égalité d'âme?
L'égalité d'âme est une chose psychologique. C'est
le pouvoir de supporter tous les événements, bons ou
mauvais, sans être triste, découragé, désespéré, bouleversé. Quoi qu'il vous arrive, vous restez sereins,
paisibles.
L'autre, c'est l'égalité dans le corps. Ce n'est pas
psychologique, c'est une chose matérielle : avoir un
équilibre physique, recevoir des forces sans être
troublé.
Les deux sont également nécessaires si l'on veut
progresser sur le chemin. Et d'autres choses encore.
Par exemple, un équilibre mental, que toutes les
idées, même les plus contradictoires, puissent venir
de tous les côtés sans que vous soyez troublés. On peut
les voir et les mettre chacune à sa place. C'est l'équilibre mental.
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